Malgré beaucoup de difficultés, liées principalement à mon état de santé, j’ai quand même pris le temps de placer 184 nouveaux lavoirs sur ce site. Ce sont surtout les Pyrénées-Atlantiques, avec 137 nouveaux lavoirs, contribution d’une seule personne, qui font grimper le chiffre. Que ce cyclotouriste-photographe en soit remercié.

On me signale de plus en plus d’assos locales qui prennent en charge la réfection et aussi l’entretien des lavoirs. Que ces personnes bénévoles qui œuvrent pour tenir en bon état ces pièces de musée en soient remerciées. Le patrimoine, petit ou grand, est l’affaire de tous. C’est bien cette richesse qui fait de la France le pays le plus visité au monde. Mais plus que ça, c’est aussi dans notre culture que de garder en état nos témoignages du passé. En fait les Français restent collectivement très attachés à leurs racines, c’est sûrement leur plus beau titre de gloire.

Le classement des départements ne change pas. La Nièvre avec ses 325 lavoirs reste le département le plus fourni du site, l'Yonne en compte maintenant 318 et le Vaucluse, complète le podium avec 182 lavoirs.

Ci-dessous la répartition de ces 184 nouveaux lavoirs et aussi un remplacement :

· 10 de plus dans les Bouches-du-Rhône : à Auriol, Gignac-la-Nerthe, La Ciotat, 3 au Rove, Mimet, Puyloubier, Saint-Chamas et à Saint-Savournin ;

· 9 de plus en Charente : à Dignac, Empuré, 6 à Saint-Yrieix et un à Vibrac ;

· 2 de plus en Charente-Maritime : tous les deux à Aulnay-de-Saintonge ;

· 1 de plus dans en Dordogne : à Buisson-de-Cadouin ;

· 2 de plus en Gironde : à Gelot ;

· 1 de plus en Isère : à Villard-de-Lans ;

· 9 de plus dans le Puy-de-Dôme : 3 à Chanat-la-Mouteyre, 2 à Mirefleurs et 4 à Orcines ;

· 137 de plus dans les Pyrénées-Atlantiques ; voir site ;

· 1 de plus dans les Hautes-Pyrénées : à Toupières ;

· 3 de plus en Saône-et-Loire : un à Dompierre-les-Ormes et deux à Solutré-Pouilly ;

· 1 de plus dans les Yvelines : à Gazeran ;

· 1 de plus en Seine-et-Marne : à Fontaine-le-Port ;

· 1 de plus dans les Deux-Sèvres : à Chauray ;

· 1 de plus dans le Var : à Flayosk ;

· 2 de plus et un remplacement dans le Vaucluse : à Pertuis, Séguret (remplacement) et Sérignan-du-Comtat ;

· 3 de plus en Haute-Vienne : à Châlus, Saint-Hilaire-les-Places et Saint-Paul ;

· 2 de plus dans les Divers : tous deux de nouveaux santons.

Au prochain remaniement du site pour y intégrer vos nouvelles contributions...

Nota : Dès qu'un département atteint les 110 lavoirs, je suis obligé de créer d'autres pages pour les mettre en place. Actuellement 7 départements sont dans ce cas : La Nièvre et l'Yonne avec 3 pages, La Charente, le Cher, la Drôme, les Pyrénées-Atlantiques et le Vaucluse avec 2 pages...

Encore merci à tous les contributeurs...

Guy

Écoutez-les chanter ces jolies lavandières au cœur léger…

Entendez-les ‘rouméguer’* ces dames que rien ne saurait étouffer…

Regardez-les sécher sur l’herbe verte nos vêtements forcément usés...

Contemplez-les avec ravissement tous ces lavoirs du temps passé…

Guy

Je m'étais toujours posé la question, pourquoi tant de lavoirs en France ? Certes, il en existe aussi ailleurs, mais de façon si modeste qu'ils sont quasiment anecdotiques, alors que l'on en recense près de 10 000 en France. Ces espaces dédiés à la ‘bugade’(2) sont nés dans le XIXe siècle et, cent après se sont tous retrouvés techniquement dépassés.

Pourtant, source de progrès hygiénique indéniable, ils ont permis une petite révolution. Avant, ce n’était qu’au château, chez les nobles et chez quelques très riches bourgeois que l’on faisait laver le linge dans des bassins privés. La majorité de la population avait à peine de quoi manger et, de ce fait, tous les autres soucis passaient au second degré.

Donc, au milieu du XIXe siècle, la population de la France métropolitaine a progressé de près de 8 millions d'habitants depuis la Révolution (+30%) et les épidémies de choléra, de variole et de typhoïde font rage. La promiscuité, pour ne pas dire l'entassement, dans les 'taudis' des grandes villes du fait de la Révolution industrielle, et le manque d'hygiène en général, en rend les conséquences dramatiques. Pour le gouvernement de la Deuxième République de Louis-Napoléon Bonaparte, il faut agir. La pureté de l’eau devient un impératif. C'est donc pour inciter la création de lavoirs qu'une loi est votée le 3 février 1851 afin que chaque commune puisse se doter d'un espace dédié à l'entretien du linge et l'État s'engage à le subventionner à hauteur de 30%. Cette loi est complétée, le 3 décembre de la même année, par l'adoption d'un crédit de 600 000 francs or pour la construction de lavoirs publics. Voilà pourquoi, le moindre petit recoin de la France métropolitaine(3) s'est doté de cet espace uniquement réservé à la lessive.

À noter que la plupart des grandes villes françaises, mais aussi quelques autres, quasiment toutes sur un fleuve ou une rivière, par manque d'espace, se sont dotées de bateaux-lavoirs. Faciles et rapides à construire, ces lavoirs flottants et mouvant étaient installés sur les quais, parfois plusieurs à la même amarre (voir à Lyon). Hélas, ils n'ont pas résisté aux outrages du temps et ils ont tous quasiment disparu, à part quelques-uns classés maintenant comme monuments historiques : celui de Saint-Julien (1904) et de Saint-Yves (1905) tous deux à Laval en Mayenne.

Autres découvertes, certains villages, pour ne pas dire des hameaux, ont parfois des 'lavoirs' immenses, quasiment des étangs pas toujours naturels. En plus de la fonction de lavoir, ces pièces d'eau servaient aussi à 'rouir' le lin ou le chanvre. C'est-à-dire à isoler les fibres utilisables des plantes textiles en détruisant la matière gommo-résineuse qui les soude, par une macération dans une eau stagnante. D'autres, surtout dans les pays d'élevages, servaient à tremper les peaux de bêtes pendant plusieurs jours pour faciliter le retrait des dernières impuretés (poils, chair) car ainsi préparées ces peaux sont plus faciles à travailler. Ces 'lavoirs' sont dits à ‘papillons’. Il se distinguent des lavoirs plus classiques car ils ont en général de gros blocs de pierre qui permettaient ensuite de faire sécher les peaux en les étirant. Forcément, la peau ainsi valorisée était vendue plus cher aux tanneurs : voir Limogne-en-Quercy ou Varaire dans le Lot.

Dans les petites villes ou villages installés dans les plaines, ils ont été construits avec les matériaux du pays sur les berges des rivières ou ruisseaux, en leur absence une source faisait l'affaire. En montagne, généreuse quant à ses sources, ils étaient légion, souvent en bois, et avaient souvent la double fonction d’abreuvoir-lavoir…

Parler des lavoirs sans mentionner les lavandières serait une hérésie !!! Ces grandes travailleuses, dures à la tâche comme toujours quand un travail est spécifiquement féminin, étaient surtout des mères de familles souvent nombreuses. Quelques-unes avaient fait profession du métier et se louaient aux ‘riches’ qui pouvaient se permettre de ne pas s'abîmer les mains. Ces femmes aux biceps durcis par les coups de battoirs, aux mains percluses de rhumatismes, aux doigts perlés de bulles de savon, c'étaient nos arrières grands-mères, nos grands-mères, nos aïeules. Mais, comme toujours dans ces cas-là, rassembler dans un endroit ‘discret’ plus de trois bazarettes aux mœurs rudes et au langage châtié ne pouvait que se terminer en ‘radio village’ même si ce terme futuriste n’était pas encore inventé. Alors, en plus du travail, étaient passées en revue toutes les bonnes ou mauvaises nouvelles de la contrée. Les secrets les mieux gardés se muaient en racontars plus ou moins trafiqués. Les tendances vestimentaires épluchées, les couples illégitimes forcément éventés, les fiançailles cancanées et les mariages pas encore en projet…inventés !!! Parfois, c’est entre elles que se fabriquaient des rancœurs qui se terminaient quelquefois en pugilats au grand bonheur des gazettes locales et de leurs lecteurs réjouis. Mais aussi, mélange d’âges oblige, se transmettaient des recettes culinaires compliquées, des conseils ménagers réputés, des remèdes locaux miraculeux, des astuces antitaches nécessaires et…des cours d'éducation sexuelle indispensables !!!

Passées les peurs de la deuxième guerre mondiale, la fée électricité éclairant maintenant nos campagnes, l'eau courante s'exhibant sans peine en tournant un simple robinet, la modernisation pénétrant chaque domicile avec son corollaire d'inventions industrielles, la machine à laver est arrivée au foyer. Au début, dans les années 1960, j'étais même un 'livreur' de machine à laver que mon père louait à la journée. Chaque jour, à 11h30, après l'école, je charriais une petite machine très rustique, avec une essoreuse manuelle, vers sa 'locataire' journalière. Et le soir, l'école finie, je repartais récupérer le bien paternel avec ma remorque adaptée. Au début, deux machines étaient en service simultanément, mais petit à petit, leur utilisation 'banalisée' périclita et elles finirent toutes deux épuisées de fatigue dans une décharge adaptée.

Maintenant, nos lavandières ont disparu mais les cancans se poursuivent encore dans les cours de gym absolument indispensables à nos dames dans chaque village. Les bateaux-lavoirs ont coulé, nos lavoirs sont devenus de belles constructions inutiles, souvent les bassins sont vides ou se garnissent d'une eau couleur bleu-vert pas toujours du plus bel effet…

Ne les ignorez pas, bien au contraire, regardez-les d'un œil admiratif et écoutez-les soigneusement, ils résonnent encore de secrets de beauté…

Par facilité j'ai classé ces lavoirs par département. Sauf, bien sûr, ceux de mon village, ceux du village de Longué-Jumelles (le village du Maine et Loire aux 21 lavoirs) et j'ai réservé une page aux outils indispensables.

Par facilité j'ai classé ces lavoirs par département. Sauf, bien sûr, ceux de mon village, ceux du village de Longué-Jumelles (le village du Maine et Loire aux 21 lavoirs) et j'ai réservé une page aux outils indispensables…

Quand cela n'est pas précisé, les photos sont de ma collection personnelle.

Guy

(1) Rouméguer : verbe provençal signifiant rouspéter, ruminer.

(2) Bugade : nom provençal signifiant faire la lessive, temps de la lessive.

(3) Les lavoirs sont plus rares dans nos territoires ultra-marins où, la météo aidant, les nombreux cours d'eau permettaient le lavage du linge de façon naturelle, économique et écologique.

Préambule...

Accéder à la page suivante : Lavoirs de Barbentane (13)

Je suis 'preneur' de vos photos de lavoir dans un format natif (non compressé),

en précisant bien l'emplacement du lavoir, l'année et l'auteur de la photo.

Vous pouvez m'écrire à cette adresse mél : masdelagramillere@free.fr

Livres de ma collection sur les lavoirs

Provence des Lavoirs, édité par Équinoxe en 1999, ce livre de Dominique Berhout aux magnifiques aquarelles de Bernard Caramante recense une quarantaine de lavoirs en Provence et en Drôme Provençale...

Patrimoine et Mémoire des Lavoirs Landais (40), édité par le Conseil Général des Landes en 2007. Fait par des retraités, une nomenclature complète des lavoirs dans ce département...

Lavoirs de Haute-Saône (71), édition La Taillanderie en 2001, prix 8 euros. Au-delà des photos de superbes lavoirs, dont certains mériteraient de figurer dans le patrimoine de l'Égypte antique, je me suis régalé à sa lecture. J'étais tout content d'apprendre que dans ce département, qui ne passe pas pour avoir des habitants aux mœurs excessives, certaines municipalités ont été obligées de recourir à des arrêtés municipaux pour que les lavandières ne consacrent leur battoir qu'à battre le linge et non à s’en servir comme arme en vue de régler des différends, pas toujours professionnels, d'une façon brutale et expéditive…

Lavoirs de Cabannes et quelques autres (13). C'est un tout petit opuscule de 24 pages édité en juillet 1996 par l'imprimerie Mistral à Cavaillon (84). Il reprend l'histoire de quelques lavoirs de ce coin de Provence et fait l'historique complet du lavoir de Cabannes.

Dernière mise à jour du site le 25 juillet 2022 (dans la liste à gauche, les départements non en bleu, sont ceux 'vides' de lavoir)...

 

3 489 lavoirs, 87 départements et 20 pays (France comprise) sont présents sur ce site sont présents sur ce site

Introduction

Barbentane

La ville des lavoirs

Les indispensables

La modernisation

La construction d’un lavoir en 1864

Lavandières et Lavandiers

Départements et Pays

01 - Ain

02 - Aisne

03 - Allier

04 - Alpes-de-Haute-Provence

05 - Hautes-Alpes

06 - Alpes-Maritimes

07 - Ardèche

08 - Ardennes

09 - Ariège

10 - Aube

11 - Aude

12 - Aveyron

13 - Bouches-du-Rhône

14 - Calvados

15 - Cantal

16 - Charente

17 - Charente-Maritime

18 - Cher

19 - Corrèze

20 - Corse

21 - Côte-d’Or

22 - Côtes-d’Armor

23 - Creuse

24 - Dordogne

25 - Doubs

26 - Drôme

27 - Eure

28 - Eure-et-Loir

29 - Finistère

30 - Gard

31 - Haute-Garonne

32 - Gers

33 - Gironde

34 - Hérault

35 - Ille-et-Vilaine

36 - Indre

37 - Indre-et-Loire

38 - Isère

39 - Jura

40 - Landes

41 - Loir-et-Cher

42 - Loire

43 - Haute-Loire

44 - Loire-Atlantique

45 - Loiret

46 - Lot

47 - Lot-et-Garonne

48 - Lozère

49 - Maine-et-Loire

50 - Manche

51 - Marne

52 - Haute-Marne

53 - Mayenne

54 - Meurthe-et-Moselle

55 - Meuse

56 - Morbihan

57 - Moselle

58 - Nièvre

59 - Nord

60 - Oise

61 - Orne

62 - Pas-de-Calais

63 - Puy-de-Dôme

64 - Pyrénées-Atlantiques

65 - Hautes-Pyrénées

66 - Pyrénées-Orientales

67 - Bas-Rhin

68 - Haut-Rhin

69 - Rhône

70 - Haute-Saône

71 - Saône-et-Loire

72 - Sarthe

73 - Savoie

74 - Haute-Savoie

75 - Seine ou Paris

76 - Seine-Maritime

77 - Seine-et-Marne

78 - Yvelines

79 - Deux-Sèvres

80 - Somme

81 - Tarn

82 - Tarn-et-Garonne

83 - Var

84 - Vaucluse

85 - Vendée

86 - Vienne

87 - Haute-Vienne

88 - Vosges

89 - Yonne

90 - Territoire-de-Belfort

91 - Essonne

92 - Hauts-de-Seine

93 - Seine-Saint-Denis

94 - Val-de-Marne

95 - Val-d’Oise

Lavoirs du Monde

Autres lavoirs